Notre monde, leur monde, et l'au-delà se côtoient sans jamais se rencontrer. Jusqu'au jour où...
 
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 Les portes de l'au delà

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Aleen Fox

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MessageSujet: Les portes de l'au delà    Jeu 24 Juil - 18:51

Aleen se réveilla soudainement, tous ses sens étaient aux aguets mais elle ne percevait rien, aucun son, aucune odeur, tout tournait autour d'elle, ses yeux étaient lourds et une douleur lancinante le traversait le crâne. Elle essaya de se relever mais retomba immédiatement, ses jambes étaient lourdes et refusaient de lui obéir comme si elle avaient été faites de coton.
Après de nombreuses tentatives infructueuses, tout effort physique s'étant révélé inutile, elle tenta alors de se rappeler comment elle était arrivée là. Elle revoyait le sorcier, elle se rappelait de son visage mais son nom lui était inconnu, avaient-ils seulement été présentés ? Ils y avait une quête aussi, leur quête qui avait pour but la vie éternelle. Cela était d'ailleurs assez étrange dans la mesure où elle ne trouvait pas l'éternité particulièrement attrayante et puis, comme disait Moune "la mort n'est que la continuité de la vie", il n'y avait vraiment pas de quoi s'affoler.
Et puis plus rien, elle avait été happée brutalement par les ténèbres. Était-elle morte ? Non, son corps et son âme étaient encore rattachés elle le sentait. Aleen ferma les yeux un instant...et ne les rouvrit qu'une heure plus tard.
Le second réveil fut plus doux que le premier, la renarde retrouvait petit à petit ses sens et son mal de crâne s'apaisait lentement. Enfin, après avoir lutté contre l'engourdissement durant de longues minutes elle réussi à reprendre partiellement le contrôle de son corps et parvint à se relever. Décidément elle n'était pas gâtée. Un rapide coup d'œil lui permit de se rendre compte qu'elle ne souffrait que de quelques coupures et quelques bleus. Sa journée n'était alors peut être pas perdue.
Elle regarda autour d'elle, où diable avait-elle bien pu tomber ? Elle se tenait sur un quai morbide fait d'épaisses planches décrépies au dessous duquel coulait une eau verdâtre et surtout aucune taverne à l'horizon. Cela tombait mal, très mal, car Aleen avait faim, très faim, elle savait d'autant plus ce que cette faim insaisissable, qui lui tordait les boyaux, pouvait lui faire faire si elle ne trouvait pas très vite de quoi se rassasier.  
Un homme encapuchonné se tenait silencieusement devant elle, dans une embarcation faite de bois simple. Et c'est à cet instant que la renarde réalisa : le quais, le passeur dans sa barque. Elle se trouvait à l'entrée du monde des âmes. Moune lui avait jadis parlé de cet endroit, elle lui avait dit qu'en cet endroit régnait la peur et le doute, qu'il était impossible d'en revenir...ou bien quelque chose dans ce genre là. Cette petites escapade involontaire aux portes de l'au delà risquait de retarder considérablement ses projets et elle n'avait vraiment pas de temps à perdre.
Elle soupira profondément, déclina poliment l'offre du passeur qui lui proposait un aller vers le terre des âmes pour une somme exorbitante et se mit à arpenter le quais, peut être y trouverait elle de l'aide...ou bien d'autres complications inutiles, mais elle n'avait pas le choix.

-Héhoooo il y a quelqu'un ?

Hurla t-elle. Le silence était pesant. Elle fit de même à tout en explorant le quais et ses rives macabres mais n'obtint pas plus de succès. Il y avait aussi cette sensation de faim qui la tiraillait de plus en plus violemment. Ainsi comme disait souvent Moune "aux grands maux les grands remèdes". Aleen s'assit alors sur le quais, improvisa un foyer de fortune avec quelques allumettes et du cordage puis, sortant son nécessaire de cuisine, elle attrapa une petite casserole ainsi que diverses graines et racines en tout genre prévues à cet effet. Elle se préparerait un repas consistant auquel une belle pièce de viande manquerait certainement mais cela en valait la chandelle, car il n'était pas donné à tout le monde de pique-niquer aux portes de l'au delà.
Ainsi, absorbée par sa cuisine elle ne fit pas attention à cette odeur, alléchante, cette odeur vivante qui se propageait le long du quai.



Notre passé nous rattrape toujours ...


Dernière édition par Aleen Fox le Sam 26 Juil - 15:53, édité 1 fois
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Alidel Chains

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MessageSujet: Re: Les portes de l'au delà    Ven 25 Juil - 23:25

Bientôt trois ans. Bientôt trois ans. Ces trois mots résonnaient dans son esprit à chaque pas qu'il faisait, chaque bouffée d'air qu'il inspirait. Cela allait faire trois ans quelques jours plus tard et il n'avait toujours aucune piste. Personne n'avait jamais vu cette fameuse fourche, personne ne savait rien d'eux. Ou presque personne.

Il avait longtemps hésité avant de se mettre en chemin, avant d'emprunter ce sentier sinueux dont il ne pourrait peut-être pas revenir. Quelqu'un avait vu le groupe à la fourche. Les habitants d'Eden avant de mourir. Quelques années auparavant, le jeune Alidel n'aurait jamais pu imaginer qu'un jour il partirait pour le royaume des morts afin de demander à ses anciens concitoyens des renseignements sur leurs assassins. La situation elle-même paraissait surréaliste et pourtant c'était la meilleure chance qu'il avait, l'unique espoir qui le maintenait encore en vie.

Il avait pu se renseigner un peu au comptoir des chasseurs et, d'après ses sources, un homme encapuchonné se faisant appeler "le passeur" pouvait l'emmener dans l'au-delà. Cela dit, personne ne savait s'il allait pouvoir en revenir et tous s'accordaient à dire que le voyage coûterait particulièrement cher. Le jeune homme avait donc rassemblé tout l'argent qu'il avait pu trouver, toutes ses économies amassées au fil des missions de chasse. Au bout d'une longue semaine de voyage qui ne fut pas toujours de tout repos, il se trouva enfin devant le passeur en question. En tout cas, il correspondait à la description. Une main dans son long manteau boutonné jusqu'au col, la tête toujours encapuchonnée, Alidel s'approcha lentement avant de briser le silence du lac lugubre où il avait finalement rencontré cet homme.


- Êtes-vous le passeur? Je désirerais me rendre dans l'au-delà.

Un long silence s'en suivit. Aucune réponse de la part de son interlocuteur, rien d'autre que le bruit du vent qui soufflait, apportant quelques gouttelettes d'eau verdâtre au passage. Alidel ne savait pas de quoi était faite cette eau, mais il ne supportait pas son contact sur sa peau. Hors de question de tenter d'y aller à la nage. Ne recevant toujours aucune réponse, le jeune homme était sur le point de reposer la question quand il entendit une voix. Elle ne venait pas de l'homme mais bien de l'intérieur de sa tête. Un télépathe? Il n'en avait encore jamais rencontré, mais il en avait entendu parler.

- Beaucoup souhaitent s'y rendre. Peu en reviennent. Êtes-vous prêt à payer le prix?

Alidel déposa devant lui un petit sac, rempli de bijoux divers et variés. Il n'avait rien trouvé de plus simple pour transporter tout son argent. En outre, en cas de coup dur, il pouvait toujours faire fondre certains des bijoux en argent pour se fabriquer plus de balles, l'une des seules armes qu'il connaissait contre certains des dangers du monde extérieur.

- Il y a probablement là de quoi...

Aussitôt, la même voix retentit de nouveau dans la tête du jeune homme.

- Je ne parlais pas de ce genre de prix. Qu'en ferais-je, en ces lieux? Pour passer, tu devras te préparer mentalement. Tu perdras une chose hors de prix, en ces lieux. Une chose qui t'est particulièrement chère. La seule qu'il te reste. Te sens-tu prêt?


Alidel marqua une certaine pause. La chose la plus chère qu'il lui restait? Il n'avait plus rien depuis longtemps. Il n'avait rien à perdre, ces menaces ne lui faisaient pas peur. D'un pas assuré, il monta dans la barque de l'homme, son sac de bijoux sous le bras.

- Je suis prêt, allons-y.

Le voyage ne dura que quelques minutes et pourtant, il eut l'impression de traverser des étapes entières de sa vie. Le lac semblait toujours le même, l'eau ne semblait même pas réagir au contact de la barque. Ils glissaient, ils ne se déplaçaient pas. Enfin, ils s'arrêtèrent à un quai qui semblait désert. Aucune âme n'était visible à l'horizon. Le passeur déposa le jeune homme et resta, sans bouger, au même endroit. Alidel lui laissa donc son sac, dont il ne pouvait se permettre de s'encombrer en ces lieux, et mit pied à terre.

Où pouvait-il commencer ces recherches? S'il était bien dans l'au-delà, il aurait déjà dû rencontrer énormément de gens, non? Des morts, depuis le début de l'humanité, il y en a eu des quantités innombrables. Alors pourquoi ce monde semblait si désert? Il devait y avoir une raison, qu'il ne pouvait pas encore comprendre. Peut-être que les morts ne se montraient pas aux premiers venus. Peut-être n'étaient-ils même pas capables de se rendre visibles ou matériels? Dans ce cas, il avait fait le voyage pour rien.

Il haussa les épaules, pas prêt d'abandonner si vite. Il chercherait un moyen de communiquer avec les siens, pour le reste, savoir pourquoi il ne croisait personne, il s'en moquait, en fin de compte.

Alors qu'il arpentait les quais en guise de quelque piste quant à savoir où se diriger, une odeur le frappa soudain. A bien y repenser, il n'avait pas senti la moindre odeur depuis qu'il avait débarqué. De l'autre côté du lac, le parfum sombre de la mort flottait partout, c'était à vomir. De ce côté-ci, rien. Rien du tout. Sauf maintenant, cette odeur... Loin d'être désagréable. De la nourriture? Quel mort avait besoin de manger? C'était à n'y rien comprendre.

Prudent, comme à son habitude, Alidel partit en direction de l'odeur. De toute façon, c'était le seul chemin qu'il pouvait emprunter pour le moment et il commençait lui-même à avoir faim. Les provisions qu'il avait prises pour le voyage s'étaient vite estompées et il n'avait pas trouvé énormément de proies à chasser. Enfin, il aperçut, de loin, la source de cette odeur. Tout ce qu'il voyait, c'était ce qui ressemblait à une jeune femme.


- Prudence est mère de sûreté, n'est-ce pas?


La main sur la crosse de son revolver, toujours dissimulé sous son manteau, il avança à petits pas. Quand il arriva à portée, il haussa légèrement la voix.

- Excusez-moi? Êtes-vous... L'un des habitants de cette région? Je cherche... Quelqu'un. Peut-être pourriez-vous m'aider?

Il resta suffisamment à distance. Pour le moment, il n'avait aucune idée de ce dont était capable cette femme et s'approcher davantage pouvait être dangereux. Elle pouvait être comme lui, en visite en ces lieux, ou bien l'un des dangers que ce monde recelait sans aucun doute.
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Muscade Orfrayes

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MessageSujet: Re: Les portes de l'au delà    Ven 22 Aoû - 21:07

Il y a de ces nuits où l’on préfère être tout simplement ailleurs que d’attendre après son frère. Mon frère avait l’habitude de mélanger ses priorités. Draguer et conquérir de nouvelles conquêtes passait souvent en priorité. Ce qui ne le rendait pas très ponctuel lorsque l’heure du travail sonnait. Quant à moi, comme je ne peux tout simplement plus faire équipe avec ma meilleure amie, j’attendais mon jovial de frère au pied du portail. Je n’aimais pas trop rester à regarder les pourtours de cette chose qui sert de connexion entre mon monde et le monde des humains. J’espérais que Fury n’allait pas tarder, car je n’avais pas l’intention de contempler cette chose qui me donne parfois la chair de poule, toute la nuit.


Les parois s’illuminèrent, provoquant une vague dans cette membrane filiforme, signe qu’un être vivant allait passer de mon côté. Je dégainai mes ninjatos doubles, j’étais prête à attaquer s’il s’agit d’un intrus hostile. Mais non, ce n’est que mon imbécile de frère qui se fit recracher tel une vulgaire larve. Hilare,  je laissai mes bras tombés contre mes flancs, je m’approchais de mon frère et souleva le capuchon qui recouvrait sa chevelure noire de jet avec l’un de mes ninjatos. Pour toute réponse, j’ai eu le droit à un :


« Avoue, soeurette, tu t’ennuyais sans moi! » dit-il en offrant un demi-sourire, signe que ses taquineries ne faisaient que commencer.


« Entre mourir d’ennui ou t’endurer toute une nuit... choix très difficile... En faite, une pause ne me ferait pas de tort. Va plus tôt embêter Bralden! » Crachai-je en m’éloignant le plus loin possible de ce portail. Je ne savais pas ce qui me tracassait à ce point, peut-être le fait de l’avoir attendu pendant deux heures au pied de ce foutu portail, mais j’avais le pressentiment que ma soirée allait être tout sauf reposante.


Pendant que je m’éloignais d’un pas rapide et décidé, mon frère se releva d’un bond et courut pour me rejoindre. Il attrapa mon poignet et me força à me retourner. Lui faisant face, je le dévisageais avec mépris.


« Bon d’accord, j’ai peut-être pris trop mon temps, mais tu n’étais pas obligé de m’attendre sœurette... regarde ce que j’ai trouvé!» dit-il en s’exclamant tout en me dévoilant ce qu’il avait bien caché dans ce bout de tissus.

Une fois le contenu dévoilé,  les émotions suivantes s’affichèrent sur mon visage : la surprise, le dégoût et la panique.

« NON, MAIS QU’EST-CE QUI T’A PRIS? »
« Calme-toi, ce n’est qu’un œuf... »
« PAS N’IMPORTE QUEL ŒUF IMBÉCILE, UN ŒUF DE DRAGON! »
« Surprenant, n’est-ce pas? »
« OÙ AS-TU EUT ÇA? »
« Soeurette, tu ne veux pas le savoir... Tout ce qui compte, c’est que j’ai remporté le pari! »
« LE PARI? QUEL PARI? »
« Tu pourrais baisser le ton de quelque décibel? » Me supplia-t-il en regardant à gauche et à droite afin de s’assurer qu’il n’y avait un animorphe caché dans les parages. « Pour ton information, petite sœur, je devais ramener un œuf de dragon... de cœur d’encre pour être plus précis. Mais t’inquiète pas, petite sœur, j’avais l’intention de le ramener ensuite.  Knox a perdu son pari! » Termina-t-il gaiement.


Pendant quelques instants où le temps semblait être suspendu, je pus discerner l’air espiègle de mon frère qui tenait l’œuf de cœur d’encre entre ses mains. Ce qui me répugnait c’est qu’il considérait cet œuf comme un trophée et non comme un être vivant qui pourrait éclore à tout moment.


Un rugissement sonore me glaça le sang tandis mon regard dévoilait toute ma stupeur en apercevant nul autre que cœur d’encre qui traversait ledit portail. Ma seule réaction fut d’agrippé mon frère et de le poussé vers l’entrée de la pièce.


« Sauve-toi imbécile! »
« Mais soeurette... »
« Va chercher Lloyd, il saura quoi faire! Donne-moi cet œuf! »
« Mais soeurette... »
« PAS LE TEMPS DE DISCUTÉ! FILE! »


Aussitôt qu’il détala comme un lapin, ce qui est ironique venant d’un loup comme lui, je pesais mes options. Voilà que je croisais le regard de la mère dragonne qui venait terminer la traversée du portail. Le sol tremblait sous ses pas et sa fureur était tellement palpable que je ne pouvais risquer de m’aventurer dans les couloirs de la maison commune sans qu’il y est des dégâts au passage d’une dragonne enragée. Il est clair qu’à ses yeux, nous étions les monstres, non, mais qui oserai t prendre un petit à sa mère? Mon imbécile de frère évidemment. Si je m’en sortais vivante, j’aurais quelques mots à dire à mes deux frères!


Sans plus attendre, j’ouvris la fenêtre et je me sauvai dans le jardin avec la ferme intention de me diriger vers la jungle. J’entendis des bruits de fracas, un rugissement ainsi que des pas d’une cadence accélérer, signe que la bête était à ma poursuite et que la maison commune venait de perdre un mur. Je me disais que c’était un rien comparé à des vies. J’ose espérer que ce petit détail penchera dans la balance si jamais je m’en sors indemne.  


Je bifurquai à temps vers la droite, contournant la pointe de la jungle. Évitant, par la même occasion, des flammes infernales. Je n’étais pas assez folle pour prendre d’assaut la dragonne au combat, je tenais à rester en vie et surtout, je voulais éviter de lui faire du mal. Après tout, elle souhaitait uniquement faire une brochette de moi parce que je tenais son bébé dans les bras. Je devais trouver un moyen de m’en débarrasser, mais je devais aussi assurer ma sécurité. Je fus happé au loin par un coup de queue, protégeant l’œuf dans la volée, je frappai le sol de plein fouet et mon épaule gauche amortit ma chute. Seulement, je ne pouvais pas dire qu’elle était intacte. Je ressentis une douleur lancinante le long de mon bras gauche et du sang obstrua la vue de mon œil gauche. Tant bien que de mal, j’essayais de m’éloigner, mais je me rendis vite compte qu’un rocher m’empêchait de reculer. Le même rocher qui a entaillé la peau dessus de mon sourcil gauche.


Tandis que cœur d’encre s’élançait vers moi et que je souhaitais désespérément survivre, une épaisse fumée grise recouvra la plaine à la lisière de la jungle. Je m’étalai au sol, le rocher ayant disparu et je retenu les cris de douleur qui souhaitaient sortir de ma bouche. Après quelques respirations haletantes, je tentai tout d’abord de m’asseoir, puis de me relever tout en tenant fermement mon bras endolori ainsi que l’œuf qui ne m’avait toujours pas quitté et qui était responsable de la source de mes malheurs.


Je m’aventurai dans ce brouillard qui ne semblait pas n’avoir de fin. J’espérais retrouver mon chemin vers Thoron afin d’alerter les villageois de la venue du dragon.  Mais j’étais loin de me douter que j’allais me retrouver si près du royaume d’Ennas. Cet endroit, j’en avais entendu parler, mais jamais je n’aurais cru le voir un jour de mes propres yeux. L’odeur était indescriptible et l’ambiance vous donnait la chair de poule. Et ce silence... était à couper au coteau. Seulement le bruit des vagues me parvenait comme un écho lointain, mais au loin, deux silhouettes se dessinaient lentement. Peut-être était-ce salutaire, je n’étais peut-être pas la seule âme perdue dans cette contrée si mystérieuse ou j’allais rencontrer des morts en personne.Qui sait, peut-être étais-je morte entre les dents acérés de ce dragon et que mon esprit m’avait tout simplement amené au quai de passage...vers le monde des morts...


Le seul moyen de le savoir serait de parler au passeur, mais je n’étais pas prête à connaître la vérité aussi rapidement. Après tout, je ressentais la douleur dans mon bras alors je devais être encore vivante... n’est-ce pas?


L’odeur de la nourriture me chatouilla les narines et réveilla mon appétit. Une fois si près des deux individus, je demandai avec un air enjoué, malgré ma mine déconfite :


« Je peux me joindre à vous? »


Ma vue s’embrouilla lentement... Décidément, je n’étais même pas d’aplomb pour faire une bonne impression puisque je m’étalai à nouveau sur le sol. Cette fois-ci, le sol était si froid...


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Aleen Fox

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MessageSujet: Re: Les portes de l'au delà    Sam 23 Aoû - 1:43


- Excusez-moi? Êtes-vous... L'un des habitants de cette région? Je cherche... Quelqu'un. Peut-être pourriez-vous m'aider?

- Je peux me joindre à vous ?

Aleen se retourna brusquement, comment diable avait elle pu baisser sa garde au point d'être surprise, et par deux individus en plus ! Elle était vraiment pathétique, heureusement que Moune n'était plus là pour admirer le désastre ambulant que sa petite protégée était devenue, ses sens d'habitude aiguisés, l'essence même de sa forme bestiale, même eux commençaient à la quitter. Peut être était-ce dû à son environnement, ou bien était elle morte tout compte fait...cela n'avait plus grande importance de toutes manières.
Elle avait l'impression de perdre la notion du temps, sa réflexion lui avait paru durer quelques bonnes minutes alors qu'il ne c'était écoulé qu'une poignée de secondes. D'ailleurs depuis combien de temps était elle en ces lieux ? Aucune importance là aussi.

Les deux individus étaient campés devant elle, l'un était humain cela ne faisait aucun doute, son odeur le trahissait...une savoureuse odeur en fait qui l'accompagnait depuis un bon moment. Elle réalisa que cet homme devait l'observer depuis un certain temps mais il n'avait pas l'air hostile, il était d'ailleurs probablement aussi perdu qu'elle. Le second était une femme dont elle semblait étrangement reconnaître les traits fins qui étaient cependant alourdis d'une pâleur affolante, son bras gauche était curieusement amoché, il renfermait quelque chose qui ressemblait à un œuf. Oh ce qu'elle aurait aimé dévorer une dernière fois l'omelette enchantée de Moune...la faim torturait décidément la renarde, elle devait arrêter d'y penser.

Un bruit sourd sorti Aleen de sa torpeur, la jeune femme venait de s'écraser au sol, son bras lacéré avait émis un craquement pour le moins inquiétant. La jeune animorphe se précipita immédiatement a son chevet et la fit se retourner en douceur de manière à ce que son corps cesse de compresser ses blessures, elle s'accroupis près d'elle, et comme Moune lui avait appris, pris son pouls -elle était vivante- puis dégagea son visage. Ce visage...elle en était sure à présent, elle connaissait cette femme. Ainsi devant elle se tenait évanouie Melle Orfrayes, gardienne respectée de Thoron de son état, connue de tous pour sa force et sa loyauté.

-Mademoiselle Orfrayes ? Est ce que vous m'entendez ?

La gardienne de répondit pas, elle était allongée, les yeux clos, elle tremblait en prise à ce qui semblait être une forte fièvre. Décidément Aleen n'était pas la seule à passer une très mauvaise journée...enfin elle pouvait bien être coincée aux portes de la mort depuis plusieurs jours ou peut être bien seulement depuis quelques heures, le temps ne semblait pas s'écouler normalement en ces lieux. Elle s'adressa à l'homme qui n'avait pas bougé d'un poil, la stupeur se lisait dans son regard, lui aussi n'avait pas du détecter la présence de la jeune femme. Cela la rassura, elle n'était pas la seule à avoir apparemment perdu l'usage de ses sens, le royaume d'Ennas dégageait décidément quelque-chose de malsain.

- Je suis Aleen, une animorphe et cette personne est la gardienne de ma nation. Prenez la fiole verte qui se trouve dans ma besace, là bas, près du feu et donnez la moi, je vais la réanimer.

Elle avait dit cela avec un aplomb qui la fit se surprendre elle-même, l'adrénaline certainement, elle pouvait se féliciter d'avoir gardé la tête froide. En effet, la renarde était partagée entre l'urgence de la situation et l'excitation qu'elle ressentait. L'autorité lui avait toujours déplu mais la gardienne était quelqu'un qu'elle avait toujours respecté voire admiré, non pas pour la "mission divine" qui lui avait été attribué, ni pour le dévouement total qu'elle vouait à sa nation mais parce qu'il s'agissait au fond d'une grande guerrière.

Elle remercia Moune encore une fois pour le stock colossal de potions en tout genre qu'elle lui avait laissé - et dans ce cas précis, ses remèdes magiques plus particulièrement -  et étira son bras pour attraper la couverture qu'elle avait pris soin de sortir de sa besace un peu plus tôt, la perte de la notion du jour et de la nuit ne l'empêchait pas de ressentir la fatigue. Elle avait alors prévu, une fois rassasiée de dormir quelques instants pensant être seule. Elle qui imaginait Ennas comme une sorte de désert de brouillard et de poussières en tout genre, pouvait alors constater que l'on se bousculait aux portes de la mort. Elle emmitoufla la gardienne avant de jeter un œil à son bras atrophié.

La blessure était profonde, une morsure probablement, le prédateur avait sans aucune pitié planté ses crocs acérés au plus profond, lacérant la chair de sa proie jusqu'à l'os. Elle dégageait une telle puissance et une telle violence qu'Aleen se demanda si cela n'était pas l'œuvre d'un autre animorphe.  En effet, la morsure était trop étendue et trop profonde pour en attribuer le mérite à un vampire ou à un damné, elle avait quelque chose...d'animal. Elle s'adressa de nouveau à l'humain cette fois-ci en se retournant vers lui.

- Amenez moi plutôt ma besace il est peu prudent de la réveiller maintenant, elle pourrait ne pas supporter la douleur et ce doit être pour cela qu'elle c'est évanouie. Oh et je vous prie de m'excuser si je vous ai parlé un peu sèchement tout à l'heure. Il faut dire que je ne m'attendait pas vraiment à rencontrer autant de monde à l'aube de la mort. Avez vous remarqué que nos sens sont brouillés ici ?

Disant cela, elle débarrassa machinalement la gardienne de l'objet qu'elle semblait tenir contre elle comme pour le protéger et lorsqu'elle posa les yeux dessus, blêmit tout à coup. Il s'agissait effectivement d'un œuf, mais celui-ci n'était pas ordinaire et encore moins un ingrédient décent pour l'omelette dont elle avait rêvé auparavant, Moune lui en avait déjà parlé mais elle n'avait jamais eu l'occasion d'en voir un de ses propres yeux : un œuf de dragon. Aleen le pris dans ses mains, ses gestes étaient lents et désordonnés. Elle tremblait presque, agenouillée sur la dalle glaciale, pâle comme jamais, elle commençait à paniquer.



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Alidel Chains

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MessageSujet: Re: Les portes de l'au delà    Dim 24 Aoû - 19:36

La scène qui se joua devant ses yeux avait quelque chose d'irréel. Tout d'abord, une femme sembla surgir de nulle part. Il ne l'avait ni entendue, ni vue, ni même ressentie avant qu'elle ne s'adresse à eux. L'intense pression qu'il ressentait depuis qu'il avait débarqué était peut-être la cause de son absence totale de discernement. Il se sentait comme oppressé et il n'aimait pas du tout cela. Puis, la femme, qui semblait se porter très bien un instant auparavant, il en prenait pour preuve la façon dont elle s'était adressée à eux, s'écroula subitement pour ne plus se relever. Sous le coup de la stupeur, Alidel resta immobile, dubitatif et incroyablement inutile. Comment pouvait-on s'évanouir aussi rapidement et sans aucune raison apparente? Et que faire dans ces cas-là? Lui qui n'avait aucune notion de premiers secours était totalement dépassé par la situation.

Heureusement pour lui, des ordres ne tardèrent pas à lui arriver. Au moins, il n'avait plus à réfléchir et devait se contenter d'agir. Cela, il y parvenait généralement sans trop de difficulté. Il se dirigea donc aussi rapidement que possible vers la besace indiquée, sans accorder la moindre importance à l'information qu'il avait reçue. Il était en présence d'au moins une animorphe, deux apprendrait-il juste après, êtres qu'il n'avait encore jamais rencontrés de sa vie. Il était peut-être terriblement en danger, il pouvait n'être qu'une proie pour ces deux femmes et très vite perdre son statut de "chasseur". Mais cela, il n'y pensait pas encore, puisqu'il se concentrait sur l'action.

La besace, donc, était particulièrement lourde pour sa taille. Très vite, il se rendit compte que, qu'importe la race, une femme restera toujours une femme et qu'un sac de femme sera toujours totalement incompréhensible pour un homme. Une fiole verte...? Mais comment diable pouvait-il trouver rapidement une fiole verte là-dedans? Il fut soulagé lorsqu'elle lui demanda de rapporter la besace en entier, ce qui lui évita une fouille fastidieuse et probablement inutile.

Alors qu'il s'approchait des deux femmes (ou devait-il dire "femelles" dans ce cas précis? Il verrait par la suite), il remarqua enfin la blessure qui avait dû être à l'origine de l'évanouissement. Jamais de toute sa vie il n'avait vu blessure qui respirait à tel point l'effroi et la violence. Quel être, quelle bête pouvait-être capable d'une telle violence? Parce qu'il semblait, en la regardant de plus près, que cette blessure avait été faite en un seul coup, en une seule fois. Etait-ce seulement possible? Est-ce que le responsable de cette blessure était encore dans les parages? Il ne s'imaginait pas la jeune femme capable de marcher très loin ni très longtemps dans cet état. Si elle était là, alors, le monstre qui l'avait blessée ne devait pas être très loin. Il était tellement concentré sur son pistage qu'il en ignora totalement les interrogations de l'animorphe, il ne l'entendit même pas lorsqu'elle s'adressa à lui pour la seconde fois.

Et pourtant, alors qu'il examinait les taches de sang laissées sur le sol par cette "Orfrayes", il lui sembla qu'elles apparaissaient vraiment de nulle part. Un instant, il n'y avait aucune trace et l'instant d'après, il y avait suffisamment de sang pour s'y baigner.


- "Vous avez une idée de ce qui a pu lui faire cela?"

Il réalisa soudain que la deuxième jeune femme était en état de choc. Elle qui, un instant auparavant lui donnait des ordres et s'en excusait d'ailleurs, inutilement cela dit, semblait à présent totalement perdue. Il suivit son regard, posé sur l'objet que la femme inconsciente portait encore. C'était gros et ovale, c'était tout ce qu'il pouvait dire. Une forme... d'oeuf? Un oeuf de cette taille existait-il? Le jeune homme dut bien vite se résigner, il ne connaissait rien au monde qui l'entourait et était loin d'être un expert en zoologie. Il était donc normal qu'il ne puisse pas identifier la nature de l'oeuf, si c'en était bien un.

- "Ca va aller, mademoiselle? Qu'est ce qui vous arrive? Vous voulez un coup de main pour panser sa blessure?"

Il s'était accroupi à côté d'elle et tentait de lui faire reprendre ses esprits. L'autre femme avait besoin d'aide le plus vite possible et il n'avait aucune idée de la façon dont il pouvait l'aider. Alors si la seule personne qui semblait savoir ce qu'elle faisait dans ce petit groupe perdait les pédales, qu'allaient-ils bien pouvoir faire?

- "Remettez-vous, s'il vous plaît, sinon elle va nous caner dans les bras. Vous la connaissez, non? Vous n'avez probablement envie de la voir mourir? Alors mettez vos peurs de côté un instant et dites moi quoi faire, je ne suis pas médecin et n'ai aucune idée de comment je pourrais m'y prendre avec une blessure pareille, je n'ai jamais rien vu de tel."

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